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Le bonheur d’aimer
Je regarde parfois par-dessus mon
épaule.
Le long ruban des jours
Disparaît furtivement à l’horizon
de ma mémoire.
Ma vie est une succession de scène
théâtrales
Burlesques ou dramatiques
Qui jalonnent mes passions en
épisodes symboliques
De mon adolescence ténébreuse à
mes sagesses du présent.
J’ai cru connaître l’amour
Dans la toute puissance d’une
jeunesse brute
Sans compromis
Rêvant au bonheur sans partage.
J’ai rêvé d’absolu
Ne percevant pas dans mon
aveuglante genèse
L’égoïsme insidieux qui brûlait
mes sens
Ravageant mes passions
Calculant mon bien-être dans les
régions fertiles
De mes illusions perdues.
Les échecs émoussent les
certitudes
La jeunesse s’estompe laissant un
champ de ruines.
Des flots de réflexions latentes
submergent la joie de vivre
Laissent au fond de la conscience
des fumerolles acres
De l’incendie des souvenirs.
Avec le temps
L’usure et la sagesse
La solitude insidieuse qui ricane
aux coins des rues
Une évidence comme une nouvelle
aurore
Douce et paisible
Illumine peu à peu la délicieuse
maturité
Dans mes amours du présent.
Mon bonheur est peu de chose.
Il ne vit que dans le regard de
quelques femmes
Dont l’âge importe peu,
Que les hasards du destin ont fait
croiser ma route.
Aujourd’hui
J’aime avec passion et témérité.
La finalité de ces amours a quitté
à tout jamais
Le sombre nid de mon ego
Pour admirer sans retenue
L’épanouissement merveilleux
De mes amies, de mes amours
Qui virevoltent sur mes terres
brûlées
Semant la vie, les cascades et le
renouveau
Par leurs cultures, leurs rires et
leurs beautés.
Seule importe leur joie de vivre.
Leur bonheur me comble de mille
richesses
Je m’enivre de leurs fragrances
délicieuses
De la finesse de leurs courbes
d’harmonie
Du don de soi qui s’offre à mes
yeux clairs
Pour l’étincelle magique
Qui transcende ma vie, la création
et l’infini.
Six poèmes pour Fadia
7 août 2003 |