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Festival Musique sur Ciel 2009
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Expositions de Photographies
"A fleur de peau"
Emmanuel Thomas
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Abbaye bénédictine puis cistercienne
à Narbonne (Aude)
(Photographies réalisées en
décembre 2009) |
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L'abbaye de Fontfroide est une abbaye
cistercienne située dans la commune de
Narbonne dans le
département de l'Aude en
France. Initialement abbaye bénédictine (1093),
elle est intégrée à l'ordre cistercien entre
1144 et
1145. Pendant la
croisade des Albigeois, elle fut le fer
de lance de l'orthodoxie
catholique. Dans la seconde moitié du
XIIe siècle, elle reçoit d'importants
dons en terres d'Ermengarde
de Narbonne, puis au milieu du
XIIIe, d'importants dons en terres et
en nature d'Olivier
de Termes qui lui permettent de réaliser de nouvelles
constructions. Au
XIVe siècle,
l'un de ses abbés, Jacques Fournier, fut élu pape sous le nom de
Benoît XII.
Historique...
Le vicomte de Narbonne, Aymeric II, autorise une
communauté de moines à se constituer sur ses terres de Fontfroide.
L'abbaye est donc créée le 12 des calendes de juin. Elle est située dans
le massif des Corbières, près d'un torrent. C'est à cette source d'eau
fraîche (fons frigida) qu'elle doit son nom. Les armes de l'abbaye
représentent d'ailleurs une fontaine. |
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Bas de
page▼


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La cour
d'honneur et le bâtiment des convers
Après avoir franchi le porche d'entrée aux
lignes élégantes, bâti vers
1777-1778,
l'hôte de droite découvre le long rectangle de la cour d'honneur. Un mur
de gros appareil (Bordeaux à droite là qu'on le vit dans est tard) et, en
terrasse, les
jardins à l'italienne implantés sans
doute ici par
Constance de Frégose au temps de
l’abbatiat commendataire de ses deux fils. À gauche, un grand bâtiment de
structure médiévale fut d’abord occupé par les frères convers puis
transformé et réaménagé, notamment par l’ouverture de larges fenêtres à
meneaux, afin d’accueillir l’hôtellerie. Au fond, l’espace est limité par
une vaste arcature à trois baies dont celle du milieu, fermée par une
grille de fer forgé, s’orne d’un fronton triangulaire classique. Cet
ensemble se colore de l’ocre, rose et incarnat de grès, du vert des
feuillages, de l’azur du ciel.

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Une porte permet l'accès au
réfectoire des convers. Les imposantes dimensions de celui-ci, dont la
longueur avoisine les cinquante mètres, amènent à imaginer une communauté
de 180 à 200 frères. Ce vaisseau construit au début du
XIIIe siècle
se divise en cinq travées ouvertes de voûtes d’ogives étalées. Les arcs
doubleaux de profil carré, les ogives et les nervures se fondent dans les
murs. L’éclairage est apporté par des baies géminées vers l’ouest et en
simple arc plein cintre à l’est. Les aménagements des
XVIIe siècle
et
XVIIIe siècles
ont percé les deux portes centrales ouvrant l’une sur la cour d’honneur,
l’autre sur la cour dite « Louis
XIV ». Des cloisonnements avaient divisé la pièce en plusieurs
espaces et on devine ainsi dans la deuxième travée des croix marquant la
chapelle des « étrangers ».
La restauration de l'abbaye,
depuis
1908 jusqu’à nos jours, a permis de
retrouver le magnifique volume de la salle et d’ajouter divers éléments
décoratifs en réemploi, telles les splendides grilles de fer forgé au
motif de pampres et la grande cheminée Renaissance provenant
vraisemblablement du
château des ducs de Montmorency à
Pézenas, détruit sur ordre de
Richelieu après la révolte du dernier
d’entre eux en
1632. Pouvant recevoir jusqu’à 700
auditeurs, cette salle à l’excellente acoustique sert de cadre à des
concerts de musique de chambre et récitals d’artistes.
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La cour
du XVIIIe siècle
Cette cour est souvent
dénommée « Louis
XIV », à tort, car les documents attestent que sa configuration
actuelle provient des travaux effectués à partir de
1775. Dans le monastère médiéval, sur un
espace nettement plus restreint, s'ouvraient au nord les ateliers des
frères convers : la menuiserie, la forge et la boulangerie au droit du
moulin enjambant le torrent. À l’est se développait l’aile du noviciat
tandis que vers le sud plusieurs bâtiments proprement conventuels
débordaient largement dans cette cour.
Tout l’ensemble se trouvait
centré autour du
puits, véritable citerne aux moellons
parfaitement assemblés et qui s’approfondit en un gouffre creusé dans les
calcaires fracturés. C’est la que se trouve une eau très froide, sans
doute origine toponymique du nom Fontfroide (fons frigida) et en
raison de la présence sur ce site de la première installation monacale.
Toute implantation de monastère nécessite en effet une triple proximité :
celle de la pierre, celle du bois et celle de l’eau. Tous ces éléments se
trouvent réunis à Fontfroide.
Quand l’abbaye, aux temps
classiques, n’abrite plus ni convers, ni novices mais seulement un petit
groupe de moines, ceux-ci détruisent les bâtiments devenus inutiles et
modifient les constructions en les aménageant selon le goût de l’époque.
Alors cette cour prend son aspect régulier, rectangulaire, par la
réduction des surfaces de la cuisine, de la salle des moines (le
scriptorium) et surtout du réfectoire. La surélévation du sol, de près de
30 centimètres, correspond aux déblais retirés de ces démolitions. Quant
au noviciat, il fait place au logis du prieur conventuel avec une
orangerie et, à l’étage, des logements
spacieux. La façade cependant n’est qu’un décor de théâtre, placage sur la
structure du
XIIIe siècle.
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| La
ruelle des convers (Certaines partie sont en rénovation, et ne
sont pas visibles en décembre 2009)
Dans les
abbayes cisterciennes normalement
orientées, comme c’est le cas de Fontfroide, le sanctuaire étant disposé
vers l’est, le cloître contigu et les bâtiments adjacents occupent la
partie orientale du monastère. Les frères
convers se trouvent donc installés dans
la partie occidentale, tournée vers l’extérieur. Là s’ouvre la porte
principale par laquelle ces ouvriers peuvent sortir pour gagner le lieu de
leur travail. C’est à partir de cette entrée que s’organise la
distribution intérieure des bâtiments. Celle-ci doit faciliter et en même
temps réglementer la communication entre les deux groupes de religieux. Il
s’agit d’établir, tout en maintenant la séparation, des points de contact
entre les lieux de vie. Par elle les frères convers avaient accès au
cellier et au réfectoire, au passe-plat de la cuisine, commune aux profès
et aux convers.
C’est en cheminant sous cette
longue voûte en demi-berceau qu’ils se rendaient au fond de l’église, sans
déranger l’office psalmodié par les moines installés, eux, dans la partie
opposée de la nef. Au
XVIIe siècle,
les convers ayant disparu depuis longtemps, leur ancien dortoir, à
l’étage, a été aménagé en spacieuses cellules pour des hôtes. Un grand
escalier, que soutient un arc en anse de panier, conduit à l’entrée.
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Les salles nouvellement ouvertes (Musée
Fayet)
Fontfroide est mise à la vente aux enchères en 1908, et
est achetée par Gustave et Madeleine Fayet, des amateurs
d'art qui la sauve du démantèlement et entreprennent une
restauration exemplaire.
Certaines salles
restaurées et aménagées par Gustave Fayet ont été ouvertes pendant les
mois d'hiver :
A l'occasion du centenaire du rachat de
Fontfroide par
Gustave Fayet, un musée rassemblant ses
œuvres a été ouvert au public dans une partie de l'abbaye fermée
habituellement.
Gustave Fayet artiste,
côtoyant les artistes. Dans ces magnifiques salles sont exposées quelques
unes de ses plus belles œuvres, céramiques, peintures, tapisseries et
autres 'buvards'. Le temps d'une visite, revivre une histoire encore peu
connue de Fontfroide et saisir le contraste des couleurs dans
l'architecture austère des lieux.
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| Le
cloître
Galerie Ouest
Dans la ruelle des convers
une porte de ferronnerie fait passer au
cloître lumineux. La lumière y est
diffusée par des
arcatures et des
oculi. Cette cour intérieure est le cœur
même de l’abbaye. C’est par la galerie ouest longeant le bâtiment des
convers qu’on aborde cet espace clos enserrant un petit jardin.
L’arc brisé ouvrant la
première travée découvre la perspective des massifs fleuris qui entourent
le puits devant l’angle des grandes arcades dominées par le clocher. Deux
périodes de construction et deux styles différents se sont succédé ici.
Un premier cloître, bâti de
la fin du XIIe au début du
XIIIe siècle,
fut élevé selon les règles de l’art
roman. L’ensemble des parties basses, notamment la double
procession des colonnettes et leurs chapiteaux à décor de feuillages
supportant des petits arcs
plein cintre, appartient à cette époque,
mais c’est alors une charpente de bois avec son toit en appentis qui
couvrait les quatre galeries.
Dans la seconde moitié du
XIIIe siècle,
quand Fontfroide, riche de multiples donations, entame le temps de sa plus
grande prospérité, un important remaniement est réalisé suivant le goût et
les techniques nouvelles, celles de l’âge gothique. Dans chaque travée,
les colonnettes romanes, toujours en place, sont désormais surmontées d’un
haut tympan, percé d’oculi différemment répartis et qui s’inscrit lui-même
dans un profond arc brisé. L’ancienne couverture de bois est remplacée par
la pierre et, à l’intérieur des galeries, les voûtes d’ogives retombent le
long des murs sur d’élégants culots, à deux mètres du sol. Il faut encore
parcourir la galerie sud pour atteindre le portail donnant accès à
l’église abbatiale.
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Galerie
Sud
Elle jouxte le collatéral de
l’abbatiale et fut bâtie la toute première, aussi bien lors de la
construction romane que lors du remaniement ogival. Les colonnettes sont
ici groupées, dans chaque travée, en cinq paires : leurs marbres alternent
le
rose de Caunes, la
griotte des Pyrénées, le blanc veiné de
gris ou de vert ; leurs chapiteaux offrent les motifs végétaux les plus
variés.
Au-dessus, les deux tympans
centraux s’aèrent par trois oculi, au lieu de l’unique, présent partout
ailleurs. Mais ce sont les voûtes qui recèlent les particularités les plus
curieuses. La croisée d’ogives y est accompagnée d’un lierre longitudinal
torique et les compartiments très bombés sont appareillés en lit
concentrique comme à la voûte du carré du transept dans l’église.
Tout au long de la galerie
existent des bancs où les moines venaient s’asseoir soit pour lire
individuellement, soit pour se reposer en méditant ce que leur mémoire et
leur cœur avaient retenu de la
liturgie ou de la lecture. Dans cette
même galerie, deux bassins de pierre servaient au rite du « mandatum », le
lavement des pieds que les Cisterciens pratiquaient mutuellement chaque
semaine. Elle était aussi désignée comme celle de la « collation ». Tous
les jours, à la fin du travail et avant le repas du soir, le père abbé y
lisait et commentait des textes patristiques. Or, le plus souvent il
utilisait pour cela le recueil dit des Collationes, où
saint Jean Cassien, au
Ve siècle,
avait rassemblé les principaux passages des plus célèbres Pères de
l’Église, notamment
saint Augustin et
saint Jérôme. Comme en période d’Avent
et de
Carême, les moines ne rompaient le jeûne
qu’une seule fois dans la journée, à la tombée de la nuit entre nones et
complies et précisément en ce lieu, le terme de collation passa de la
lecture à la prise de la nourriture elle-même, puis finalement à notre
acception moderne et laïque de repas léger.
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| Galerie
Est et salle capitulaire
Le mur de la galerie est,
immédiatement contigu à la porte de l’église et laisse deviner, derrière
une statue bourguignonne de la
Vierge à l’Enfant et au panier de roses,
l’emplacement obturé de l’armarium. Dans cet évidemment ménagé sous
l’escalier du transept étaient conservés les livres nécessaires aux
offices, les textes de l’Ancien et du Nouveau Testament, les œuvres des
Pères de l’Église.
La porte qui s’ouvre aussitôt
après introduit à la
sacristie, belle pièce voûtée en berceau.
Cinq travées rythment la galerie Est et la travée centrale apparaît vers
le jardin entièrement évidé, sans arcature de colonnettes au-dessus de la
banquette et sans tympan, ouverture symétrique de celle qui, lui faisant
face, constitue l’entrée de la salle capitulaire.
Le seuil servant de
transition entre le
cloître et la salle elle-même marie la
sobriété et la majesté, la puissance et la légèreté. L’arcade centrale en
plein cintre s’appuie sur deux groupes de quatre colonnes de marbre
entourant une cinquième. La salle a vraisemblablement été construite entre
1180 et
1280. Contre les trois murs pleins, arcs
et nervures reposent sur les chapiteaux très simples de colonnes engagées.
Au centre, ogives et doubleaux sont soutenus par quatre colonnes de
marbre. Leurs chapiteaux évasés s’ornent de deux rangs de feuilles plates,
représentations stylistiques du « cistel », le roseau d’eau des étangs de
Bourgogne qui a donné son nom à
Cîteaux.
D’ici, à travers les colonnes
du chapitre et de la galerie, répétée au-delà par celles des autres
travées du cloître, se découvre une surprenante perspective : fûts de
marbre et arcs de pierre multipliés imposent l’image d’une forêt au
profond recueillement. Deux bancs de pierre superposés courent le long des
murs. À l’Est, trois fenêtres éclairent la salle Au-delà de la salle
capitulaire, un passage conduit au second cimetière, celui de la
communauté du
XIXe siècle.
À l’origine, il servait pour le rangement des outils que prenaient les
religieux avant de rejoindre les jardins ou les ateliers. À l’extrémité de
la galerie Est, enfin, un escalier donne à l’étage.
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L'église abbatiale
Elle a une voûte de
21 mètres de hauteur et est
orientée à l'est pour honorer Dieu à chaque levant.
La nef
La construction de la
nef fut entreprise dès l’affiliation à
Cîteaux en
1145 ou, au plus tard, après la donation
définitive par la vicomtesse
Ermengarde de Narbonne en
1157. Contrairement aux usages, on
commença les travaux par la
nef. Rythmées par cinq travées, la nef
élève jusqu’à vingt mètres sa voûte en berceau brisé que soutiennent de
massifs doubleaux rectangulaires. Ces arcs prennent appui sur des
colonnes géminées, engagées dans de gros
piliers carrés et s’arrêtant sur des consoles en quart de rond, à deux
mètres du sol. Des stalles sont disposées de part et d’autre de la nef
pour constituer le
chœur des moines.
Cette nef contient également
deux collatéraux dont la voûte en demi-berceau monte à quatorze mètres.
Ils communiquent avec la nef par de grandes arcades, à rouleaux soutenus
par des colonnes engagées dans les piliers et reposant sur des piédestaux,
à la même hauteur que les consoles de la nef. Dans le collatéral sud
s’ouvrent cinq chapelles qui datent très certainement du
XVe siècle.
Les vitraux
Dans cette église
cistercienne, les
vitraux peuvent surprendre. Du temps des
moines, selon une règle rigoureuse, les fenêtres sont seulement garnies de
verres « en grisaille ». Quand
Gustave Fayet acquiert Fontfroide les
verrières ont disparu. Ils adoptent alors le parti pris de la couleur avec
son ami
René Billa, musicien et peintre, ils
installent dans la Bièvre la « verrerie des sablons ». L’ensemble des
vitraux de l’église sort de cette verrerie en
1913. Dans ce vaste ensemble, une
originalité apparaît : les cinq vitraux du collatéral nord présente la vie
de saint
François d’Assise.
Le transept et
le chœur
Élevé après la nef, à la fin
du
XIIe siècle,
le
transept a peut-être été remanié un
siècle plus tard ou même au début du
XIVe siècle.
Au fond de la
croisée du transept nord, un escalier
relie directement l’église au dortoir des moines. Dans chacun des
croisillons s’ouvrent deux chapelles, toutes quatre orientées à l’Est. Les
plus proches du sanctuaire ont une forme rectangulaire à chevet plat, les
autres plus profondes, se terminent par une petite
abside à cinq pans.
À la croisée centrale du
transept, la
clef de voûte est remplacée par une
ouverture circulaire, un oculus. L’édifice de l’église a dû s’achever par
le sanctuaire, comportant chœur et abside. Légèrement surélevé de deux
marches, le premier est couvert d’une voûte d’ogives. Du côté de l’Évangile,
on aperçoit les vestiges, très mutilés, de tombeaux dont on peut penser
qu’ils furent ceux des vicomtes de Narbonne.
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Flânerie autour de l'abbaye de Fontfroide... |
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